Aridification : trois phases, trois alertes

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L’étude “Global ecosystem thresholds driven by aridity” (Berdugo et al., Science 2020 doi : 10.1126/science.aay5958) révèle que les écosystèmes arides réagissent par paliers abrupts à l’augmentation de l’aridité. Trois seuils critiques d’aridification jalonnent la dégradation des terres.

  •  Déclin de la végétation (aridité = 0,54) : la productivité végétale s’effondre : les plantes réduisent leur surface foliaire pour survivre, en sacrifiant la photosynthèse : moins d’ombre, moins de matière organique restituée au sol, moins de nutriments.
  • Perturbation des sols (aridité = 0,70) : le carbone organique et l’azote du sol chutent brutalement. Les agrégats se délitent, le sol s’étiole et les champignons saprotrophes déclinent. L’herbe est remplacée par des arbustes, moins efficaces pour retenir l’eau et régénérer le sol.
  • Effondrement du couvert et de la richesse spécifique (aridité = 0,80) : c’est l’alerte rouge. La couverture végétale plonge, la richesse en espèces s’effondre, l’albédo augmente et les champignons pathogènes se multiplient. L’écosystème bascule vers un état désertique, où très peu d’espèces peuvent subsister.

L’étude anticipe que plus de 20% des terres émergées franchiront au moins un de ces seuils d’ici 2100 sous le scénario climatique du GIEC RCP 8.5. Nous ne pouvons laisser nos sols glisser vers des seuils irréversibles. Chaque projet de plantation d’arbres, chaque haie rétablie, chaque mare restaurée contribue à maintenir l’aridité sous ces seuils critiques.

  • Créer de l’ombre : un couvert arboré diversifié maintient la fraîcheur du sol, réduit l’évaporation excessive et préserve l’humidité en profondeur.
  • Restaurer la fertilité : les arbres aux systèmes racinaires variés favorisent l’apport et la rétention de matière organique, stimulent la vie microbienne et forment des « îlots de fertilité » qui protègent le sol de l’érosion.
  • Briser la spirale de l’aridification : un maillage d’arbres (40 – 80 individus/ha), similaire aux systèmes agroforestiers traditionnels, renforce la résilience du paysage face aux sécheresses et génère des microclimats propices aux pluies, en favorisant la condensation atmosphérique.

Pour illustrer cette dynamique, l’Autoroute de la Pluie présente des essences d’arbres endémiques ou non, emblématiques ou confidentielles à planter et à choyer.