Initiative de réappropriation climatique

Sol nu : impacts sur la température et le climat

Photos prises par Mael Bertholom

A chaque canicule, des images chocs montrent l’impact positif de la végétation sur la température en ville. Il en va de même dans les milieux agricoles et forestiers.

Les photos illustrant ce post sont des manifestations concrètes du pouvoir du végétal et de sols en bonne santé pour atténuer les fortes chaleurs. Elles ont été prises en Bretagne le 29 juin 2025 à 14h50 par Mael Bertholom, que nous remercions chaleureusement.

Dans le cas de ces illustrations, peut-on parler de béton vert, alors que la température sol agricole est du même ordre de grandeur que celle de l’asphalte ?

Un sol laissé à nu impacte directement la température ressentie, mais aussi le climat. Ce choix délibéré de gestion culturale interroge alors que, comme notre dernier article l’explique, “le sol peut jouer le rôle de climatiseur ou de radiateur, selon l’humidité disponible et les conditions atmosphériques”.

Ce constat permet d’introduire la notion de ratio de Bowen, soit le rapport entre le flux de chaleur sensible (qui réchauffe l’air) et le flux de chaleur latente (lié à l’évaporation de l’eau). Moins un sol est en mesure de relâcher de l’humidité, plus le ratio de Bowen est élevé. La chaleur latente est basse, la chaleur sensible domine donc. C’est du rayonnement infrarouge local.

Couvrir systématiquement les sols à donc un effet de rafraîchissement immédiat, mais aussi un effet tampon.

Les résultats d’une étude scientifique de 2023, “Enhanced stability of grassland soil temperature by plant diversity”, démontrent que des leviers existent pour atténuer les effets délétères du dérèglement climatique sur les sols. Un utile résumé en français est disponible.

Cette étude a été menée sur le site de l’expérience de Iena, à partir de “l’analyse exhaustive d’un ensemble de données continues sur 18 ans, issues d’une expérience sur la biodiversité des prairies, avec des résolutions spatiales et temporelles élevées”. Ces résultats sont donc particulièrement robustes.

ll en ressort “que la diversité végétale agit comme un tampon naturel, empêchant le réchauffement du sol par temps chaud et son refroidissement par temps froid”.

Dans le détail, la température du sol des communautés végétales avec 60 espèces était de 5,04 degrés C° inférieure à celle des parcelles à sol nu. Cette différence de température est plus de deux fois supérieure à celle qui existe entre les monocultures et le sol nu, pour les mêmes périodes.

Les chercheurs ajoutent que ces effets s’accentuent à mesure que les communautés végétales gagnent en maturité. En outre, plus les extrêmes sont marqués, plus cet effet tampon fonctionne.

Climat, pratiques agricoles et biodiversité sont donc indubitablement liés. A nous, collectivement, de le rappeler aux sphères dirigeantes !

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