
La régénération des sols agricoles constitue un formidable levier climatique.
De nombreux acteurs s’impliquent pour diffuser les principes de l’agroécologie et régénérer les écosystèmes.
Ainsi, pendant 10 ans, Paul Luu s’est battu sur tous les fronts pour que ce levier soit pleinement pris en compte. Il est Secrétaire exécutif de l’Initiative 4 p 1000, qui a été lancée lors de la COP 21 en 2015 par le Ministre de l’agriculture de l’époque Stéphane le Foll, lors d’un mandat ministériel particulièrement favorable à l’agroécologie [1].
Le principe fondateur de cette démarche est simple : augmenter la teneur en carbone du sol de 4 pour 1.000 (soit 0,04%) par an dans les sols agricoles de la planète permettrait de compenser une partie des émissions atmosphérique de CO2. L’idée avait été proposée par des chercheurs du CNRS et de l’INRAE.
S’il faut se garder de relayer sans recul tous projets qui s’en revendiquent, tant certains lobbies instrumentalisent les idées vertueuses, on ne peut que saluer les démarches susceptibles de faire bouger les lignes pour le climat et l’agriculture.
Il est grand temps de remettre la question du carbone organique des sols au cœur des débats, notamment en France. C’est l’occasion avec la seconde édition de l’ouvrage “Les agriculteurs ont la Terre entre leurs mains », de Paul Luu, par les éditions La Butineuse.
Ce livre, condensé mais érudit, est orienté sur les solutions pour une agriculture robuste et positive pour le climat. Il a été préfacé par l’ancien ministre et par Erik Orsenna, cet écrivain qui aime tant nos fleuves.
Cette édition comprend notamment un précieux tableau qui permet de visualiser la progression de la diffusion des pratiques agroécologiques à travers le monde. On y voit qu’en Europe, d’importants progrès restent nécessaires, avec moins de 6% des superficies couvertes par ces pratiques.
Ce magnifique ouvrage (illustrations de Léa Cros) dresse un tableau complet des pistes pour une agriculture réellement régénérative, abordant des pratiques agricoles sur lesquelles nous postons souvent :
- Limiter les perturbations: l’agriculture de conservation
- Le refus de la synthèse: l’agriculture biologique et biodynamique
- Pour la vertu des prairies: le pâturage tournant dynamique
- La santé des sols au centre de tout: l’agriculture régénératrice
- Mimer les écosystèmes forestiers naturels: l’agroforesterie
L’Autoroute de la Pluie converge complètement avec la philosophie de ce livre dont le sol est le héros et le fil conducteur.
Deux constats cruciaux se doivent d’être réaffirmés puissamment :
Il est urgent de remettre le 4 pour 1000 au cœur des débats agricoles en France !
La promotion de la régénération passe par de nombreux chemins. Celui emprunté par les éditions La Butineuse est éminemment nécessaire, car il offre de l’espoir dans une période très morose.
