D’où viennent les arbres fruitiers ?

Le pommier du Kazakhstan, Malus sieversii, est sans doute l’ancêtre de tous nos pommiers. Et c’est un arbre forestier. Originaire des montagnes du Tian Shan, à la frontière entre le Kazakhstan, la Chine et le Kirghizistan, il existait bien avant l’apparition de l’agriculture humaine. Ce sont les ours qui, en sélectionnant les fruits intéressants à consommer, ont façonné la diversité génétique de l’espèce.
Au Japon, la forêt du Mont Yoshinoyama, couverte de cerisiers sauvages Yamazakura, est attestée depuis 1300 ans. Si son origine naturelle ne fait aucun doute (le Japon conserve plus de 72 espèces de cerisiers sauvages), les interventions anthropiques sont nombreuses, et ce depuis longtemps, pour la maintenir.
L’Abricotier du Ladakh, dans l’Himalaya, pousse jusqu’à 3.300 mètres d’altitude. Arbre de lisière spontané et endémique, il est utilisé par les populations pour la production d’abricots secs.
Ailleurs il n’existe plus de grands peuplements de fruitiers forestiers. Ils ne persistent dans les forêts que comme individus isolés :
Poirier sauvages , Merisiers et Griottiers, Pommiers plus ou moins hybridés avec des pommiers domestiques, Myrobolans et pruniers de tous ordres plantés par les blaireaux, Alisiers torminaux, Amélanchiers, Cormiers et Sorbier des oiseleurs dispersés par les oiseaux.
Mais si le fruitier occupe une place marginale dans le peuplement forestier, il est essentiel en lisière, où Prunelliers, Cognassiers, Aubépines, Néfliers, Arbousiers et Grenadiers peuvent former l’essentiel du peuplement. Ils viennent spontanément, apportés par la faune, car la lisière et la haie constituent un lieu d’échange et de diversité.
Rares en forêt, les fruitiers sont pourtant appelés à jouer un grand rôle car ils forment des trames de champignons endomycorhiziens qui sont essentielles à l’adaptation au changement climatique. Nous détaillons en référence un certain nombre de lectures éclairantes sur le sujet.
La pratique de la greffe sauvage (greffe de variétés domestiques sur sauvageons) permet de favoriser l’émergence de fruitiers spontanés tout en conservant un intérêt alimentaire et économique. C’est une autre voie pour l’arboriculture de loisir ou d’appoint. L’ouvrage de Clément FLEITH “La greffe sur fruitiers sauvages. Guide technique pour apprendre et perfectionner l’art de la greffe en milieu sauvage”, disponible en auto-édition, permet de se familiariser avec ces techniques.
Pour aller plus loin, quelques conseils bibliographiques :
- Smith, S.E. & Read, D.J. (2008). Mycorrhizal Symbiosis. 3rd Edition.
- Brundrett, M.C. & Tedersoo, L. (2018). Evolutionary history of mycorrhizal symbioses and global host plant diversity. New Phytologist, 220(4): 1108-1115.
- Bastias, B.A., et al. (2021). Mycorrhizal fungi facilitate drought resistance in forest trees: mechanisms and applications. Current Forestry Reports, 7(3): 199-213.
- Varella, H., Kohler, A., Bouffartigue, C., et al. (2023). Intérêt sylvicole des fruitiers forestiers. Revue forestière française, n° spécial fruitiers forestiers.
- Rampnoux, J.P. (2014). Étude patrimoniale sur les fruitiers forestiers. ONF.
- van der Heijden, M.G.A., et al. (2015). Mycorrhizal ecology and evolution: the past, the present, and the future. New Phytologist, 205(4): 1406-1423.)
