đŸŒżđŸŒŠïž Comment mettre en Ɠuvre la pompe biotique Ă  l’échelle territoriale pour augmenter la pluviomĂ©trie de votre rĂ©gion ?đŸŒłđŸŒ§ïž

Dans la leçon inaugurale de Nathalie De Noblet Ă  l’Ecole supĂ©rieure des agricultures, la bioclimatologiste dĂ©crypte les rĂ©troactions entre occupation des sols et climat. La chercheuse française montre comment ensemencer la pluie grĂące Ă  la vĂ©gĂ©tation, afin qu’elle prĂ©cipite plus loin et gĂ©nĂšre un systĂšme vertueux.

Elle cite un exemple documentĂ© en Californie. L’objectif Ă©tait de reverdir une colline en plantant des arbres irriguĂ©s dans une vallĂ©e. Les vents dominants allant de la vallĂ©e vers la colline, l’évapotranspiration accrue de ces nouveaux arbres s’est alors dirigĂ©e vers la colline avant de s’y condenser et de prĂ©cipiter. Cela a permis Ă  la vĂ©gĂ©tation de croĂźtre sur la colline. Une partie de cette pluie supplĂ©mentaire a ruisselĂ© vers la vallĂ©e, diminuant ainsi l’irrigation.

Les conditions pour utiliser cette approche de maniÚre méthodique sont :

☁ la premiĂšre zone vĂ©gĂ©talisĂ©e est situĂ©e Ă  cĂŽtĂ© de flux d’humiditĂ© consĂ©quents

đŸŒŹïž la seconde zone, oĂč l’on souhaite amĂ©liorer les flux d’humiditĂ©, doit se trouver sous le vent de la premiĂšre

đŸŒ§ïž ainsi, les vents dominants se chargent d’humiditĂ© dans la premiĂšre zone et les prĂ©cipitations augmentent dans la seconde

Nathalie De Noblet, co-auteure du rapport sur l’Ă©tat des sols du GIEC de 2019, insiste sur le caractĂšre non local de cette action. Un projet dĂ©ployĂ© dans un lieu donnĂ© bĂ©nĂ©ficie Ă  un territoire plus vaste. Notre projet s’inscrit dans la mĂȘme dĂ©marche : mailler les territoires d’autoroutes de la pluie. L’amĂ©nagement du territoire pensĂ© de maniĂšre systĂ©mique permet d’en amĂ©liorer la rĂ©silience Ă  plusieurs Ă©chelles.

Ces considĂ©rations font Ă©cho Ă  l’approche dĂ©crite dans notre post sur l’amĂ©lioration ciblĂ©e des prĂ©cipitations (“targeted rainfall enhancement”, TRE), qui devrait guider la rĂ©flexion de tous projets de reforestation, et plus gĂ©nĂ©ralement de toute Ă©volution sensible de l’usage des sols.

On le voit, il n’est pas nĂ©cessaire de disposer d’un potentiel d’évapotranspiration tel que celui de l’Amazonie pour impacter positivement le climat. DĂ©ployer ce type de dĂ©marche permettrait d’attĂ©nuer la tendance Ă  la dĂ©sertification du pourtour mĂ©diterannĂ©en,. A condition de miser sur des solutions fondĂ©es sur la nature plutĂŽt que sur le techno-solutionnisme (voir notre post sur les services rendus par les zones humides littorales et leur coĂ»t comparĂ© Ă  celui du dessalement de l’eau de mer).

Le passage sur l’augmentation localisĂ©e et volontaire de la pluviomĂ©trie est accessible Ă  la 45Ăšme minute de la confĂ©rence de Nathalie De Noblet.

Les images illustrant ce post et la vidĂ©o proviennent de l’étude “Induced precipitation recycling (IPR): A proposed concept for increasing precipitation through natural vegetation feedback mechanisms “, publiĂ©e en 2016. Cette Ă©tude aborde le rĂŽle potentiel des forĂȘts et du couvert vĂ©gĂ©tal comme outil d’adaptation.