
Pour finir cet échange, nous évoquons un arbre peu connu sous nos latitudes : le kapokier.
Parmi toutes les espèces végétales décrites et qui nous sont étrangères, Elodie Arrault revient sur les plus remarquables.
« Toutes ces espèces m’étaient aussi pour la plupart étrangères. Ce voyage m’a permis d’en découvrir énormément. Il en reste encore beaucoup à découvrir. Elles sont toutes remarquables parce qu’elles ont quasiment toutes énormément de vertus. Que ce soit des vertus médicinales, qu’elle nous offre de l’ombre, du bois pour cuisiner, du bois pour faire des meubles, des graines ou des fruits, il y a tellement de choses possibles avec tous ces arbres. Mon souhait dans le livre, c’était d’en mettre quelques-uns en lumière. Alors évidemment j’ai mis ceux qui sont peut-être plus connus pour les mettre en avant.«
« Je suis fascinée par le baobab. C’est vrai qu’il dispose d’un fort capital sympathie, que beaucoup de personnes aiment aussi cet arbre. J’ai pu traverser des forêts de baobab au Sénégal et au Mali et j’aime beaucoup cet arbre. Il fait partie de mes préférés, mais si je devais en choisir un seul, je dirais le kapokier, parce qu’il a une forme inhabituelle, un très beau port. Il a également un tronc étrange, avec des sortes d’épines. Il a de très belles fleurs, oranges ou roses selon la variété. Il a un fruit aussi, le kapok qui est très utile. Ça fait comme une espèce de coton à l’intérieur. Les abeilles vont butiner les fleurs et ça fait un miel remarquable. C’est mon arbre favori à la suite de ce voyage.«
Le Kapokier
Ceiba pentandra, le kapokier ou fromager ou cica est un arbre de la famille des Malvacées. C’est une famille importante qui comporte les hibiscus, mauves, baobabs, cacaoyers, durians, gombos et roses trémières Le Kapokier est un arbre géant à croissance très rapide originaire d’Amérique du Sud, il a été disséminé dans toute la zone tropicale au 16e siècle. Il produit une fibre naturelle, le kapok, qui a été massivement utilisée jusqu’à la fin du 20e siècle pour garnir les coussins, les matelas, ou comme isolant. Le kapok a une texture et un côté hydrophobe et imputrescible qui le rend idéal pour cet usage. Désormais on lui préfère le plastique.
Les fibres de kapok sont assez courtes ce qui rend le filage laborieux. Il est toutefois à la base de tissus traditionnels au Cambodge. Aujourd’hui, certaines entreprises l’utilisent, comme le hollandais flocus, qui développe du tissu non tissé à base de kapok en Indonésie. La culture du kapokier est possible en Europe dans les endroits qui ne gèlent jamais. Il y a par exemple quelques spécimens au Portugal. Mais la fraîcheur inhibe sa croissance. C’est définitivement un arbre tropical.
