Une agroforesterie d’urgence pour une agroforesterie de long terme !

1 – Pour avoir des arbres, il faut des arbres ! 

Illustration provient de Reporterre

Dans sa forme classique, la mise en place de l’agroforesterie nécessite un investissement et un suivi significatif, non seulement pour adapter les techniques de travail à la présence d’arbres, mais surtout pour suivre les arbres durant les premières années. Le manque de suivi est d’ailleurs, avec la qualité des plants, l’une des principales causes d’échec des plantations de haies.

De nombreux acteurs recherchent donc des techniques alternatives ou complémentaires à la plantation pour minimiser les coûts et les échecs. La plus commune de ces méthodes est la RNA (Régénération Naturelle Assistée), qui consiste à s’appuyer sur la flore spontanée.

L’Autoroute de la Pluie développe une autre approche, complémentaire, qui se base sur le bouturage en place d’arbres à croissance rapide pour initialiser une transition vers une dynamique agroforestière.

Cette “Agroforesterie d’Urgence” (ADU) repose sur l’observation des freins qui existent à l’émergence des arbres, tout d’abord d’un point de vue agronomique :

  • Concurrence de la strate herbacée : souvent, les jeunes arbres ne sont pas assez compétitifs en termes d’eau et de lumière. Ils se font submerger par les herbes
  • Prédation : les ongulés de tout ordre se délectent des bourgeons apicaux
  • Dans le cas de zones périodiquement dévégétalisées, l’impossibilité de s’accrocher à une trame mycorhizienne

La présence d’arbres mitige ces facteurs limitants  : l’ombre permet de réduire la vigueur de l’herbe, les champignons permettent l’échange de nutriments et la densité offre une certaine protection contre les dégâts occasionnés par les ongulés.

La présence d’arbres entraîne par ailleurs une mutation de la structure du sol favorable à leur croissance :

  • Apport de matière organique
  • Modification physico-chimique (acidification)
  • Amélioration de l’humidité et de la stabilité du sol
  • Stimulation de l’activité microbienne

Elle permet également d’attirer une faune abondante d’oiseaux, mammifères et micro faune, qui ne manqueront pas d’enrichir le milieu en nutriments et en graines.

Cela nous amène à la formulation tautologique suivante : “pour avoir des arbres, il faut des arbres”. Et pour disposer d’une agroforesterie pérenne, il faut amorcer le mouvement !

Le bouturage en place est sans doute une des méthodes les plus rapides et les moins onéreuses pour passer de l’état sans arbres à l’état avec arbres.

Et vous, que préconisez-vous pour remettre des arbres dans des zones qui en ont été dépourvues ?